Plus de mensonges de « notre » gouvernement : Le dernier rapport sur l’emploi – Paul Craig Roberts


Publié le 10 novembre 2014

Tout comme les médias allemands ont détruit leur crédibilité avec des mensonges, le gouvernement des États-Unis détruit consciencieusement la crédibilité de Washington tant envers ses propres citoyens qu’envers le reste du monde.

La Russie et la Chine, les deux autres puissances nucléaires d’envergure, ne croient plus rien de ce que dit Washington et ne font plus confiance aux accords passés avec le gouvernement américain. Les gouvernements russe et chinois ont remarqué que Washington ne se conforme pas à son propre droit législatif, moins encore au droit international et aux traités qu’il a signé. Le Président russe Vladimir Poutine a critiqué Washington pour agir comme si sa volonté faisait force de loi.

Les Européens savent qu’eux même et leurs gouvernements sont des vassaux de Washington et qu’ils sont totalement impuissants.

Une partie des 99 pour-cent comprend que Washington est allié avec les Un-pour-cent contre eux et que leurs perspectives économiques et financières continueront de décliner.

Les économistes, ou plutôt les quelques uns qui n’ont pas vendu leur âme, savent que le gouvernement tire les statistiques économiques de son chapeau et les manipules jusqu’à obtenir des chiffres contraires à la réalité. Le taux de chômage est mesuré selon des méthodes destinées à empêcher sa découverte. L’inflation est mesurée selon des méthodes destinées à dénier son existence. Des emplois sont comptabilisés alors qu’il n’existent pas, et les taux de croissance sont annoncés en baisse pour les revenus réels médians par famille et le crédit à la consommation est devenu impossible. Le niveau de pauvreté est fixé à un niveau artificiellement bas pour minimiser les dépenses sociales.

Les mensonges que Washington et les puissants groupes d’intérêts privés qui contrôle le gouvernement américain nous disent ne sont pas contredits par la presse écrite, ni la télévision, ni la radio. La propagande dont les Américains sont gavés est plus intense que la propagande de Big Brother dans le livre de George Orwell, 1984.

Dans son dernier rapport de vendredi, l’office des Statistiques du Travail (BLS) nous dit que le taux de chômage a baissé à 5,8% et que 214.000 nouveaux emplois ont été créés en octobre. Une nouvelle fois, laissez moi vous décortiquer ce mensonge. Le taux de chômage est bas parce que celui qui est mis en valeur par le gouvernement et la presse financière ne tient pas compte de ces millions d’Américains découragés de rechercher des emplois qui n’existe pas, et qui ont cessé de chercher. Si vous abandonnez et cessez de chercher un emploi, le gouvernement américain ne vous compte pas comme faisant partie de la population active. Vous êtes au chômage mais n’êtes pas compté comme chômeur.

Le nombre de chômeurs non comptés peut être évalué avec la forte diminution du taux d’emploi au XXIème siècle. Le taux d’emploi a baissé parce qu’il n’y a aucun emploi auquel postuler. Mais Washington, la presse financière, et les économistes corrompus mentent. Ils disent que le taux d’emploi est faible parce que les baby boomer partent en retraite. Cependant, John Titus, Dave Kranzler et moi même avons fourni la preuve dans un article récent, à l’aide des données provenant du gouvernement, que le taux d’emploi des baby boomer est le plus élevé de tous et est le seul à augmenter.
Un Mensonge au Service des Riches – Roberts, Titus, Kranzler

La raison est que puisque la seule préoccupation de la Réserve fédérale est le bien-être d’une poignée de méga-banques – celles qui sont représentées au conseil d’administration de la Réserve fédérale de New-York – alors les taux d’intérêts réels sont négatifs. Par conséquent, les retraités ne tirent pas de revenu de leur économies. (D’une manière générale, les retraités évitent les investissements boursiers, parce qu’il peuvent perdre beaucoup d’argent en cas de sévère correction, et il peut s’écouler plus d’années qu’il ne leur reste à vivre avant un redressement.) Pour compléter leur pension de retraite (un Indice des prix à la consommation truqué empêche ou limite l’accroissement du coût de la vie), les retraités prennent les emplois temporaires et faiblement rémunérés qui sont tout ce que l’économie américaine peut proposer. Ces emplois ne fournissent pas suffisamment de revenus pour fonder un foyer.

Comme je l’ai précisé pendant une décennie, ou plus, l’économie américaine ne crée plus désormais d’emplois dignes d’un pays développé. Les États-Unis créent des emplois de serveuses et de barmans, des infirmiers, et des employés dans la distribution. Le fait que le profil de la population active américaine se tiers-mondise n’est pas considéré comme un problème majeure par les média ou la presse financière, et les économistes semblent imperméable aux faits.

Regardons, une nouvelle fois, le rapport du BLS d’octobre 2014.
[Anglais] Table B-1. Employees on nonfarm payrolls by industry sector and selected industry detail

209.000 emplois privés ont été créés ainsi que 5.000 emplois gouvernementaux.

Comment sont répartis les emplois privés ?

La plupart d’entre eux, 181.000, sont des emplois de services faiblement rémunérés.

La vente au détail, avec 27.100 postes, les grossistes avec 8.500 postes, et le transport et l’entreposage avec 13.000, soit un total de 48.900 emplois. Avec des commerces de détail de classes moyennes qui ferment, et même des magasins à prix unique font faillite, et avec des revenus (excepté pour les riches) et le crédit (excepté pour les prêts étudiants) en contraction, pensez vous réellement que la consommation permet la création de presque 50.000 nouveaux emplois en octobre ?

D’où vient donc l’argent ?

Les immenses quantités d’argent que la Fed a créé est allé à une poignée de méga-banques pour les soutenir. Les banques n’achètent pas de biens de consommation.

Selon le rapport du BLS, 37.000 nouveaux emplois ont été créés en octobre dans les services professionnels et commerciaux. Les services à l’emploi, comme les sociétés de travail temporaire, compte pour 24.000, soit 65% de ces emplois.

Une autre bonne vieille catégorie est l’éducation et les services de santé, qui comptent 41.000 nouveaux postes. La santé et l’assistance sociale fournissent 27.000 de ces nouveaux emplois et les services de soin à domicile 7.400. Les emplois peu rémunérés comptent pour 84% des emplois dans les services de santé.

Nous arrivons maintenant au secteur majeur aux États-Unis : les serveuses et les barmans. Ces derniers sont classés dans « loisir et hôtellerie », qui compte pour 52.000 des nouveaux emplois d’octobre, dont 41.800, soit 80% sont des serveuses et des barmans.

Si vous analysez les emplois que les États-Unis créent, selon le rapport du BLS, ce sont des emplois dignes du tiers-monde. Comment les États-Unis peuvent ils être l’unique superpuissance mondiale alors qu’ils ne peuvent créer des emplois de classe moyenne.

Au milieu du battage médiatique entourant ces 214.000 nouveaux emplois d’octobre, il y a quelques faits troublants : En octobre, les suppressions de poste ont grimpé de 68% par rapport au mois précédent et de 12% par rapport au même mois de l’année précédente. Jusqu’ici, il y a eu 414.591 emplois supprimés en 2014, dont 51.183 en octobre.

Où sont les suppressions d’emplois ? Les fermetures de magasins de détail ont entrainé la contraction de 38.948 postes en 2014, dont 6.874 d’entre eux en octobre. Pourtant, le BLS fait état d’une croissance conséquente de l’emploi dans le commerce de détail.

Hewlett Packard a supprimé 5.000 emplois en octobre, portant le total de l’année à 21.000.

Microsoft a supprimé 6.509 emplois en octobre, portant le total de l’année à 55.511, soit une augmentation de 92% par rapport à 2013.

En octobre, l’industrie électronique a supprimé 1.648 postes, portant le total de l’année à 18.153.

L’industrie de la télécommunication a supprimé 5.217 postes, portant le total de l’année à 20.038, soit une augmentation de 81% par rapport à 2013.

Selon Wolf Richter, les pertes d’emplois dans les technologies ont augmenté de 97% par rapport à l’année précédente.
[Anglais] Layoffs Explode In America’s Big Old Tech Companies

Ma question est : comment la consommation peut-elle croitre et entrainer l’économie quand les bons emplois sont remplacés par d’autres faiblement rémunérés.

Peut être qu’un jour des économistes remarqueront le problème.


Article original en anglais.

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